
19 Fév, 2025

Selon le baromètre 2024 : l’électricité renouvelable en France atteint des sommets, portée par le photovoltaïque. Avec une puissance raccordée en forte hausse et une production énergétique inédite, le pays se rapproche de ses objectifs 2030 et 2035. Pourtant, l’éolien peine à suivre le rythme.
Baromètre 2024 : une croissance sans précédent pour l’électricité renouvelable en France
D’après les chiffres du baromètre 2024 de l’électricité renouvelable, la France marque un tournant historique pour sa transition énergétique. Avec une puissance raccordée et une production d’électricité renouvelable en forte hausse, le pays franchit un cap décisif. Cette progression inédite s’explique par plusieurs facteurs : une politique incitative, des investissements accrus et un engouement grandissant des citoyens et des entreprises pour les énergies renouvelables et vertes.
Le baromètre 2024 révèle que 6 gigawatts (GW) supplémentaires ont été raccordés au réseau électrique, un chiffre en nette progression par rapport aux 4,5 GW en 2023. La production totale atteint ainsi 148 térawattheures (TWh), soit un record absolu, contre 139 TWh l’année précédente. Si ces performances renforcent l’ambition française d’atteindre une part de 35 % d’électricité renouvelable d’ici 2030, elles sont en grande partie dues à un secteur : le photovoltaïque, moteur principal de cette dynamique.
Photovoltaïque : moteur incontesté de la transition énergétique
Le photovoltaïque s’impose en 2024 comme l’élément clé du développement de l’électricité renouvelable en France. Ce secteur a enregistré une croissance exponentielle, avec 4,5 GW nouvellement raccordés, représentant plus de 75 % des nouvelles installations de l’année.
Cette accélération repose sur plusieurs éléments majeurs, selon le baromètre 2024. D’une part, le développement des grandes centrales solaires au sol permet d’augmenter rapidement la capacité installée. Ces infrastructures, souvent situées sur des terrains dégradés ou agricoles en reconversion, bénéficient d’un soutien politique renforcé et d’une acceptabilité croissante auprès des acteurs locaux. D’autre part, la montée en puissance de l’autoconsommation chez les particuliers et les entreprises joue un rôle crucial. Grâce à la baisse du coût des panneaux solaires et aux aides gouvernementales, de plus en plus de foyers choisissent d’acheter ou de louer des panneaux photovoltaïques sur leur toit pour réduire leur facture électrique et contribuer à la transition énergétique.
Les professionnels du secteur saluent également les avancées technologiques qui optimisent les rendements des panneaux solaires et permettent une meilleure intégration au réseau électrique. Cependant, cette dynamique doit être maintenue et consolidée pour garantir un développement pérenne du secteur et éviter une dépendance excessive aux subventions publiques.
L’éolien en difficulté : des freins persistants
En parallèle de l’essor spectaculaire du photovoltaïque, le secteur éolien peine toujours à accélérer sa croissance en France. Si cette énergie représente une part essentielle du mix énergétique, elle rencontre encore des obstacles majeurs qui freinent son développement.
Le baromètre 2024 met en évidence une stagnation du rythme de raccordement, avec seulement 1,5 GW de nouvelles capacités installées. Cette croissance modeste s’explique par plusieurs facteurs. Les délais administratifs restent longs et complexes, freinant la mise en œuvre de nouveaux projets. Entre le dépôt d’un dossier et la mise en service effective d’une éolienne, il peut s’écouler plusieurs années, une inertie difficilement compatible avec les ambitions énergétiques nationales.
De plus, les contraintes réglementaires et environnementales limitent considérablement le nombre de sites exploitables sont aussi évoquées dans le baromètre 2024. De nombreux projets sont ralentis par des recours juridiques ou des oppositions locales, notamment dans certaines zones rurales où l’impact visuel et sonore des éoliennes suscite des débats. Quant à l’éolien offshore, censé compenser les difficultés du secteur terrestre, il peine encore à prouver qu’il pourra respecter sa feuille de route. Pourtant, la France mise sur cette technologie pour dynamiser sa production d’électricités renouvelables et atteindre ses objectifs climatiques.
Un défi de taille pour atteindre les objectifs 2030
Avec une ambition affichée de 35 % d’électricité renouvelable d’ici 2030, la France doit impérativement maintenir la dynamique actuelle et renforcer la place des énergies vertes dans son mix énergétique. Si les chiffres du baromètre 2024 sont encourageants, certains défis majeurs restent à relever pour garantir la stabilité et l’efficacité de cette transition.
L’un des enjeux principaux réside dans la croissance de la consommation électrique. L’essor des véhicules électriques, la digitalisation accrue des services et le développement de nouvelles industries gourmandes en courant électrique risquent d’augmenter fortement la demande. Il est donc impératif de diversifier les sources d’énergie renouvelable et d’optimiser la gestion des réseaux électriques pour éviter les tensions d’approvisionnement.
Le gouvernement devra également adapter sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour soutenir à la fois le développement du photovoltaïque, mais aussi relancer l’éolien et d’autres alternatives, comme l’hydroélectricité ou la biomasse. Sans une vision stratégique forte et des investissements durables, la France pourrait se heurter à des difficultés pour atteindre ses objectifs climatiques à 2030 et 2035.
Source : FNCCR – https://www.fnccr.asso.fr/article/barometre-2024-de-lelectricite-renouvelable-en-france/ – Publié le 24/01/2025