Spoiler alert : pendant que tu galères à trouver une RTX 5080 à prix correct, Mark Zuckerberg signe des chèques de plusieurs dizaines de milliards de dollars à Jensen Huang. Et c'est exactement pour ça que t'as pas ta carte graphique.
En février 2026, CNBC a révélé que Meta est en train d'étendre massivement son partenariat avec Nvidia pour déployer des millions de GPU dans ses data centers IA. Des millions. Pas des milliers. Des millions. Et on parle de GPU H100, H200, Blackwell — pas des RTX 5090. Sauf que la chaîne de production, elle, est une seule et même chose. Et quand Meta commande en priorité, les gamers passent derrière.
Le deal du siècle : Meta et Nvidia font leurs courses#
Le contexte : Meta a annoncé qu'elle allait dépenser 65 milliards de dollars en infrastructure IA en 2026. Soixante-cinq. Pour mettre cela en perspective, c'est à peu près le PIB de la Croatie. Et une bonne partie de cet argent atterrit chez Nvidia.
Le partenariat s'étend aux GPU Blackwell (B100, B200) — la génération pro de Nvidia qui succède aux H100. Prix unitaire : entre 25 000 et 35 000 dollars la puce. Meta en commande plusieurs centaines de milliers. Le volume total ? Personne ne confirme un chiffre exact, mais les estimations des analystes de Wall Street tournent autour de 10 à 15 milliards de dollars rien que sur les commandes GPU de l'année.
On ne va pas se mentir : c'est du jamais-vu. Même au pic de la crypto-mining hysteria de 2021, les volumes n'étaient pas à cette échelle. L'IA, c'est d'un autre ordre de grandeur.
Nvidia préfère vendre à Meta. Et c'est logique.#
Du point de vue d'un actionnaire Nvidia, le choix est simple :
- RTX 5090 → environ 1 999 dollars MSRP, vendu à un gamer unique, marge de ~60%
- H100/B200 → 25 000 à 35 000 dollars l'unité, vendu en palettes entières à Meta, marge de ~80%, commande garantie à l'avance sur 18 mois
Jensen Huang n'est pas stupide. Le business datacenter de Nvidia a dépassé les 35 milliards de dollars de revenus en 2025, contre environ 9 milliards pour le gaming. La décision de prioriser les GPU IA n'est pas une trahison des gamers — c'est juste du capitalisme basique.
Mais le résultat concret, lui, est une catastrophe pour la communauté gaming. Et ça, on peut le nommer.
Ce que ça fait concrètement au stock gaming#
Le problème de fond : GPU gaming et GPU datacenter partagent la même chaîne de production. TSMC fabrique les puces pour les RTX 50 et les H100 sur les mêmes nœuds (4 nm, 3 nm). Les mémoires GDDR7 des RTX et les HBM3e des GPU pro viennent des mêmes fabs de Samsung, SK Hynix et Micron.
Quand Meta commande 500 000 Blackwell B200, Nvidia alloue une part massive de la capacité de production chez TSMC à ces commandes. Ce qui reste pour les RTX gaming ? Réduit. Significativement. Les chiffres qui circulent dans les rapports de chaîne d'approvisionnement : -30 à -40 % de production RTX 50 par rapport aux roadmaps originales.
On avait déjà détaillé le contexte de cette pénurie dans notre article sur la situation Nvidia et les gamers en 2026 — mais avec le deal Meta, ça prend une nouvelle dimension. Ce n'est plus juste une pénurie de DRAM globale, c'est aussi un choix actif d'allocation.
Quel impact sur les prix ?#
Le résultat est mécanique : moins d'offre pour la même demande = prix qui s'envolent. La RTX 5090 qui était censée coûter ~1 999 dollars se retrouve à 2 400-2 600 dollars chez les revendeurs. La RTX 5080 dépasse allègrement les 1 200 dollars.
Et comme les cartes graphiques de 2026 se font rares, même les RTX 4090 d'occasion remontent en prix. Le marché secondaire est en feu.
Meta a besoin de GPU IA : voilà pourquoi#
Pour être honnête, Meta n'achète pas des GPU IA pour embêter les gamers. Il y a une logique industrielle solide derrière.
Llama 4 et l'IA générative#
Meta développe sa propre famille de modèles de langage (Llama), concurrent direct de GPT-4/5 et Gemini. Llama 4 est en cours d'entraînement. Entraîner un LLM frontier, c'est plusieurs mois de compute sur des clusters de dizaines de milliers de GPU. C'est littéralement impossible sans ce genre d'investissement.
Le Metaverse revient en IA#
Zuckerberg a pivoté : le Metaverse version 2024-2026, c'est moins de la VR que de l'IA intégrée à WhatsApp, Instagram et Facebook. Des assistants IA conversationnels pour des milliards d'utilisateurs quotidiens. Chaque requête coûte du compute. À l'échelle de 3 milliards d'utilisateurs actifs, tu peux faire le calcul.
Ray-Ban Smart Glasses avec IA embarquée#
Les lunettes connectées Ray-Ban Meta v3 intègrent un assistant IA qui tourne côté cloud. Le traitement vidéo en temps réel, la reconnaissance d'objets, la réponse instantanée — tout ça tourne sur les clusters Nvidia de Meta.
Plot twist : le produit physique est peut-être cool pour les consommateurs, mais le coût computationnel pour Meta est énorme.
La dépendance de Nvidia à Meta : une arme à double tranchant#
Ironiquement, cette concentration des revenus Nvidia vers Meta (et les autres géants tech) n'est pas sans risque pour Nvidia lui-même.
Quand 60-70 % de tes revenus viennent de cinq clients — Meta, Microsoft, Google, Amazon, OpenAI — tu dépends de leurs décisions budgétaires. Si Meta revoit ses ambitions IA à la baisse en 2027 (possible si les régulateurs européens serrent la vis ou si les résultats financiers déçoivent), Nvidia prend un uppercut brutal.
Le gaming, c'était un business récurrent, fidèle, avec des cycles prévisibles. L'IA datacenter, c'est du boom-bust potentiel.
Mais pour l'instant ? Nvidia est en mode God Mode. Jensen Huang a les meilleurs GPU de la planète et tout le monde se bat pour les avoir.
Et les gamers dans tout ça ?#
On ne va pas se mentir : les gamers ne sont pas la priorité de Nvidia en 2026. C'est brutal, mais c'est vrai. L'esport et la scène gaming compétitive française continuent de tourner sur du matériel existant — les pros ne changent pas de GPU tous les six mois de toute façon.
Pour les gamers qui veulent upgrader :
Option 1 — Attendre. Le deal Meta est massif, mais il ne dure pas éternellement. La capacité TSMC va augmenter avec le N2 (2 nm) en 2026-2027. Plus de wafers = potentiellement plus de GPU gaming.
Option 2 — AMD. La RX 9070 XT est sortie à un prix compétitif. AMD souffre moins de la concentration IA (leurs GPU RDNA ne sont pas encore le choix préféré des data centers d'IA — l'écosystème CUDA de Nvidia domine). Plus de stock, prix plus raisonnables.
Option 3 — Marché de seconde main. Les RTX 4090 et 4080 Super restent des cartes excellentes. Et si les gens les vendent pour tenter d'acheter une RTX 5090 introuvable, tu peux faire de bonnes affaires.
Option 4 — Cloud gaming. Si la puissance brute GPU te manque, le cloud gaming en 2026 propose du RTX 4090-equivalent en streaming. GeForce Now, Xbox Cloud — ça tourne sur des GPU datacenter Nvidia, justement. Au moins, quelqu'un profite des clusters de Jensen.
Conclusion : Nvidia a changé de priorité. Définitivement.#
Le deal Meta-Nvidia n'est pas une anecdote. C'est le symptôme d'une transformation structurelle de l'industrie GPU. Nvidia était une entreprise de gaming devenue une entreprise d'IA. Ce shift est maintenant irréversible — les revenus datacenter dwarfent le gaming, et Meta en est le symbole le plus visible.
Pour les gamers : pas de raisons de paniquer, mais des raisons de s'adapter. Le hardware gaming sera plus rare, plus cher, moins prioritaire. Le meilleur PC gaming 2026 va coûter plus cher que prévu.
Et la prochaine fois que ton feed Instagram te montrera de l'IA Meta en action ? Remercie Jensen Huang et les millions de GPU qui font tourner tout ça — les mêmes GPU qui auraient pu atterrir dans ta tour.



