Six mois après sa sortie le 5 juin 2025, la Nintendo Switch 2 a eu le temps de prouver ce qu'elle avait dans le ventre. Les premiers jours, c'était l'euphorie du déballage. Aujourd'hui, on peut te donner un verdict honnête : ce qui tient ses promesses, ce qui déçoit, et surtout — est-ce que le passage à 469 € vaut le coup ?
On a passé plus de 200 heures sur la bête. Voici notre test complet.
La fiche technique en un coup d'œil
Avant d'entrer dans le détail, voici le comparatif brut entre la Switch 2 et sa grande sœur.
| Caractéristique | Switch 1 (2017) | Switch OLED (2021) | Switch 2 (2025) |
| Processeur | Tegra X1 (4 cœurs A57) | Tegra X1+ | Tegra T239 (8 cœurs A78C) |
| GPU | 256 CUDA cores (Maxwell) | 256 CUDA cores | 1 536 CUDA cores (Ampere) |
| RAM | 4 Go LPDDR4 | 4 Go LPDDR4 | 12 Go LPDDR5X |
| Stockage | 32 Go eMMC | 64 Go eMMC | 256 Go UFS 3.1 |
| Écran | 6,2" LCD 720p | 7" OLED 720p | 7,9" LCD 1080p 120 Hz |
| Sortie TV | 1080p 60 Hz | 1080p 60 Hz | 4K 60 Hz + HDR |
| DLSS | Non | Non | Oui (2 modes) |
| Batterie | 4 310 mAh | 4 310 mAh | 5 600 mAh |
| Prix lancement | 299 € | 349 € | 469 € / 509 € (pack Mario Kart World) |
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 6 fois plus de cœurs GPU, 3 fois plus de RAM, un stockage 8 fois plus rapide. Sur le papier, c'est un bond générationnel. En pratique, c'est plus nuancé. Si tu veux comprendre les technologies GPU qui alimentent la Switch 2, notre guide des cartes graphiques 2026 décortique l'architecture Ampere et ses successeurs.
Le hardware : un vrai saut de puissance
Le Tegra T239 sous le capot
Le cœur de la Switch 2, c'est la puce Nvidia Tegra T239. Gravée en 8nm par Samsung (procédé 8N), elle embarque 8 cœurs ARM Cortex-A78C avec 256 Ko de cache L2 chacun et un pool L3 partagé de 4 Mo. Côté GPU, on passe à une architecture Ampere avec 1 536 cœurs CUDA — le même type d'architecture que les RTX 3000 sur PC.
Concrètement, ça donne une puissance graphique environ 10 fois supérieure à la Switch originale selon les benchmarks de Tom's Hardware (juin 2025). Ce n'est pas une PS5 — loin de là — mais c'est suffisant pour faire tourner des portages AAA qui étaient tout simplement impossibles sur la Switch 1.
L'écran : le choix controversé du LCD
Nintendo a opté pour un écran LCD de 7,9 pouces en 1080p avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz et le support du HDR. Après l'OLED sublime de la Switch OLED, le retour au LCD a fait grincer des dents.
En pratique, la qualité d'affichage est correcte. La résolution 1080p fait une vraie différence par rapport au 720p de l'ancienne génération — le texte est net, les détails sont visibles. Le 120 Hz apporte une fluidité bienvenue dans les jeux qui le supportent. Mais les noirs sont moins profonds que sur l'OLED, et les angles de vision sont moins généreux. Si tu avais une Switch OLED, tu sentiras la différence. Si tu viens d'une Switch classique, c'est une amélioration nette.
Le mode docké : la promesse du 4K
Branchée sur un téléviseur, la Switch 2 peut afficher du 4K à 60 Hz avec HDR. En théorie. En pratique, la plupart des jeux tournent en 1080p natif et utilisent le DLSS pour upscaler vers le 4K. Le résultat est convaincant sur un écran de salon à distance normale, mais un œil averti repérera la différence avec du 4K natif.
Le DLSS : l'arme secrète (avec des nuances)
C'est LA nouveauté technique de la Switch 2. Pour la première fois, une console Nintendo embarque la technologie DLSS de Nvidia — Deep Learning Super Sampling — qui utilise l'intelligence artificielle pour reconstruire une image en haute résolution à partir d'un rendu en basse résolution.
Deux modes DLSS distincts
Digital Foundry a révélé que la Switch 2 utilise deux versions de DLSS (analyse de juillet 2025) :
DLSS "Fat" (CNN complet) : le modèle basé sur un réseau de neurones convolutif, similaire à ce qu'on trouve sur PC. Il upscale les jeux vers 1080p en mode portable. L'image est nette, l'antialiasing est propre, les artefacts sont rares. C'est le meilleur mode.
DLSS "Light" : un modèle allégé développé spécifiquement pour la Switch 2, utilisé pour upscaler au-delà du 1080p en mode docké (vers 1440p ou 4K). L'image est plus douce, les détails en mouvement peuvent paraître flous, et on observe parfois des artefacts de ghosting derrière les personnages en mouvement.
En pratique, qu'est-ce que ça donne ?
Le DLSS fait une différence énorme sur les jeux graphiquement exigeants. Un titre qui tournerait à 540p natif sans DLSS s'affiche en 1080p fluide avec le DLSS Fat activé. Le gain de performance est réel : on parle de 40 à 60 % de FPS en plus selon les jeux, d'après les tests de NotebookCheck (décembre 2025).
Le revers de la médaille : tous les jeux ne l'exploitent pas encore. Au lancement, seuls les titres first-party et quelques portages AAA supportaient le DLSS. Selon NotebookCheck (décembre 2025), davantage de studios devraient l'implémenter courant 2026. En attendant, certains jeux tournent sans DLSS et les performances sont parfois décevantes — surtout les portages réalisés à la va-vite.
La ludothèque : le nerf de la guerre
La rétrocompatibilité, le bon point
Nintendo a tenu sa promesse : la Switch 2 est rétrocompatible avec les jeux Switch 1, que ce soit en cartouche physique ou en digital. Ta bibliothèque existante fonctionne, et certains titres bénéficient même de meilleures performances grâce au hardware plus puissant (temps de chargement réduits, framerate plus stable).
Les jeux de lancement
La line-up de lancement de juin 2025 incluait Mario Kart World (vendu en bundle à 509 €), plusieurs titres first-party et des portages tiers. Six mois plus tard, le catalogue s'est étoffé, mais on n'est pas encore au niveau de ce que la Switch 1 proposait après le même laps de temps. Nintendo mise sur la qualité plutôt que la quantité — un pari qui se défend, mais qui peut frustrer les early adopters en manque de nouveauté. En attendant les exclusivités, les meilleurs jeux indie 2025-2026 offrent un catalogue solide pour découvrir la machine.
Le prix des jeux : aïe
Point sensible : les jeux Switch 2 coûtent entre 79 et 89 € en physique et entre 69 et 79 € en digital, d'après les tarifs constatés en France (source : Nintendo.com/fr-fr). C'est une hausse significative par rapport aux 59-69 € de la génération précédente. En pack console + 2 jeux, tu dépasses facilement les 600 €.
Autonomie et ergonomie au quotidien
La batterie : progrès modeste
La Switch 2 embarque une batterie de 5 600 mAh contre 4 310 mAh pour la Switch 1. Nintendo annonce entre 2 et 6 heures 30 d'autonomie selon les jeux — une fourchette identique au premier modèle de 2017 (source : Nintendo.com). La puce T239, plus puissante, consomme davantage. Les gains en efficacité énergétique compensent la puissance supplémentaire, mais ne la dépassent pas. En jouant à un titre exigeant graphiquement, compte sur 2 à 3 heures d'autonomie réelle.
La prise en main
Bonne nouvelle côté ergonomie : la console est légère malgré sa taille supérieure. Plus légère qu'un Steam Deck ou un ROG Ally, elle se rapproche du poids d'une Switch OLED d'après les prises en main de JeuxVideo.com (juin 2025). Les Joy-Con magnétiques se détachent et se fixent facilement, et le pied intégré est bien plus stable que celui de la Switch 1.
Comparatif direct : Switch 2 vs Switch 1
Ce qui change vraiment
- Performances : le fossé est énorme. Les jeux sont plus beaux, plus fluides, les temps de chargement sont divisés grâce au stockage UFS 3.1
- DLSS : un game changer pour les portages AAA — quand les studios l'implémentent
- Écran : 1080p vs 720p, 120 Hz vs 60 Hz, c'est un vrai upgrade en netteté et fluidité
- Mode TV : 4K HDR vs 1080p SDR, la différence est visible sur un grand écran
- Stockage : 256 Go UFS 3.1 vs 32 Go eMMC — plus besoin d'acheter une carte SD dès le premier jour
- Rétrocompatibilité : tes jeux Switch 1 fonctionnent, certains tournent même mieux
Ce qui ne change pas (ou déçoit)
- Autonomie : malgré une plus grosse batterie, on reste dans la même fourchette qu'en 2017
- Écran LCD : un recul par rapport à l'OLED — les puristes de l'image ne sont pas contents
- Prix : 170 € de plus que la Switch 1 au lancement, sans compter la hausse du prix des jeux
- Online : le Nintendo Switch Online reste en retrait par rapport au Xbox Game Pass ou au PS Plus
- DLSS inégal : le DLSS Light en mode docké est en dessous du DLSS Fat en portable
Verdict : faut-il acheter la Switch 2 ?
Après 6 mois d'utilisation intensive, voici notre position.
Si tu as une Switch 1 classique (2017) : oui, le saut est énorme sur tous les plans. La Switch 2 est ce que tu espérais depuis des années. Le prix pique, mais l'upgrade est réel.
Si tu as une Switch OLED : c'est plus nuancé. Les performances sont sans commune mesure, mais le retour au LCD est difficile à avaler si la qualité d'image en portable est ta priorité. Attends que le catalogue de jeux exclusifs Switch 2 s'étoffe avant de craquer.
Si tu n'as jamais eu de Switch : c'est le moment idéal. Tu accèdes à toute la bibliothèque Switch 1 (des centaines de jeux) plus les nouveautés, sur un hardware enfin capable de rivaliser en puissance avec les consoles de salon d'il y a quelques années. Pour les titres à ne pas manquer, notre top 10 des jeux Switch 2 est un bon point de départ.
Notre note : 8/10 — Un hardware impressionnant, une rétrocompatibilité bienvenue et un DLSS prometteur, mais plombé par un prix élevé, un retour au LCD et un catalogue Switch 2 natif encore maigre après 6 mois.
FAQ
La Switch 2 fait-elle tourner les jeux Switch 1 en meilleure qualité ?
Oui, dans la majorité des cas. Les jeux Switch 1 bénéficient de temps de chargement réduits et d'un framerate plus stable grâce au hardware plus puissant. Certains titres comme Zelda: Tears of the Kingdom affichent un 30 FPS quasi constant là où la Switch 1 avait des baisses fréquentes. En revanche, la résolution reste celle d'origine sauf patch spécifique du développeur.
Le DLSS est-il activé sur tous les jeux ?
Non. Le DLSS doit être implémenté par chaque studio de développement. Au lancement, seuls les titres first-party Nintendo et quelques portages majeurs le supportaient. Le nombre de jeux compatibles augmente progressivement, et davantage de studios devraient l'intégrer courant 2026 selon les informations de NotebookCheck (décembre 2025).
Peut-on utiliser les accessoires de la Switch 1 ?
Les cartouches de jeux Switch 1 sont compatibles. Les Joy-Con de la Switch 2 utilisent un nouveau système de fixation magnétique et ne sont pas interchangeables avec ceux de la Switch 1. Le dock de la Switch 1 n'est pas compatible non plus — il faut celui de la Switch 2 pour le 4K HDR.
La Switch 2 vaut-elle son prix de 469 € ?
C'est 170 € de plus que la Switch 1 au lancement en 2017 (299 €). Par rapport à une PS5 Digital à 449 € ou un Steam Deck OLED à 549 €, le positionnement prix est cohérent. Ce qui justifie l'investissement, c'est l'écosystème Nintendo (exclusivités Mario, Zelda, Pokemon) et l'hybridité portable/salon que personne d'autre ne propose à ce niveau de finition.




