Nioh 3 : test complet du souls-like de Team Ninja

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Février 2026. Team Ninja débarque avec Nioh 3 et la question que tout le monde se pose : est-ce que le studio a réussi à faire mieux que Nioh 2, l'un des meilleurs action-RPG de la dernière décennie ? Réponse directe : oui. Avec des nuances. Et quelques coups de katana dans les tibias pour rester honnête.

Voici le test complet après une cinquantaine d'heures passées à mourir, recommencer, et finalement maîtriser la bête.

Le contexte : Nioh 3, c'est quoi exactement ?

Nioh 3 est sorti le 6 février 2026 sur PS5 et PC. Pas de Xbox, pas de Switch 2 — Team Ninja reste fidèle à son axe PlayStation/PC. Le jeu se déroule dans un Japon féodal baigné de mysticisme yokai, avec une nouvelle trame narrative qui n'exige pas d'avoir fini les deux premiers opus (même si certaines références font sourire les vétérans).

La grande nouveauté annoncée ? Le double style de combat : Samouraï et Ninja, interchangeables en temps réel au milieu d'un affrontement. Sur le papier, ça ressemble à un gadget marketing. Dans la pratique, c'est une révolution mécanique.

Le système de combat : deux cerveaux valent mieux qu'un

Style Samouraï — le classique sur stéroïdes

Si vous avez joué à Nioh 1 ou 2, le style Samouraï vous sera familier. Trois postures (haute, médiane, basse), gestion du Ki comme oxygène du combat, et le ki pulse — cette mécanique signature où un timing précis sur R1 après une série d'attaques vous rend votre endurance instantanément.

Dans Nioh 3, le ki pulse a été affiné. L'upgrade Living Water (disponible tôt dans l'arbre) permet de ki-pulser pendant le dash, ce qui change absolument tout. Sans elle, vous avez le choix entre esquiver et récupérer votre Ki. Avec elle, vous faites les deux simultanément. Le moment où ça clique dans la tête, c'est une de ces révélations de game design qui donne envie d'appeler un ami pour lui crier dessus.

Les armes : 14 types répartis dans le style Samouraï, des katanas aux odachis en passant par les lances. Chaque arme a ses trois postures, chacune avec sa logique propre. La posture haute frappe fort mais lentement. La basse enchaîne vite et applique des effets élémentaires. La médiane donne la meilleure garde. Vous pouvez passer toute votre vie à optimiser une seule arme — c'est voulu.

Style Ninja — la fluidité avant tout

Le style Ninja abandonne le ki pulse. À la place : le Mist Step, une esquive timing-dépendante après une attaque qui récupère le Ki et repositionne simultanément. Si le Samouraï est un chef d'orchestre qui contrôle la partition, le Ninja est un beatboxer qui improvise.

Trois outils ninja remplacent les postures d'armes classiques. Kunai électriques, bombes fumigènes, shuriken élémentaires — tout ça utilisable en mid-combat pour créer des ouvertures. La mécanique "clone" (le fameux Mist) permet d'invoquer un double qui distrait l'ennemi pendant qu'on frappe dans le dos. En solo, c'est redoutable. En co-op, c'est du chaos organisé dans le bon sens du terme.

Le switch en temps réel — là où la magie opère

Passer du Samouraï au Ninja d'un bouton pendant un combat, c'est l'idée qui semblait suicidaire sur le papier. Deux systèmes de gestion du Ki diamétralement opposés, deux logiques de corps-à-corps distinctes. Et pourtant, Team Ninja a réussi à rendre la transition intuitive.

Le meilleur exemple : ouvrir en style Samouraï pour encaisser et briser la garde yokai avec le ki, puis switcher Ninja pour exploiter la fenêtre d'attaque avec un burst d'outils ninja. Sur les boss de fin de jeu, cette danse entre les deux styles devient presque chorégraphique. C'est le genre de mécanique qui donne des cauchemars aux développeurs concurrents.

La difficulté — accueil hostile garanti

Soyons clairs : Nioh 3 n'est pas un jeu facile. Et il l'assume totalement.

La courbe d'apprentissage des premières heures est une falaise verticale recouverte d'huile. Les yokai de base vous punissent les erreurs de timing. Les mini-boss du premier tiers du jeu ont des patterns qui ressemblent à des boss finaux d'autres jeux. Team Ninja ne tient pas la main — et c'est exactement ce que les fans attendent.

Ce qui a changé par rapport à Nioh 2, c'est la lisibilité des combats. Les indicateurs d'état des ennemis sont plus clairs, les fenêtres de contre-attaque plus franches. On meurt encore beaucoup, mais on comprend pourquoi. C'est la différence entre une difficulté sadique et une difficulté pédagogique. Nioh 3 est dans la deuxième catégorie — à condition de jouer en langue originale et de lire les tooltips.

Pour les fans de challenge pur qui auraient aussi craché sur notre test de Resident Evil Requiem pour sa difficulté "trop accessible" en mode Modern : Nioh 3 est fait pour vous.

Évolutions vs Nioh 2 — ce qui a changé

Zones plus ouvertes

Nioh 2 était structuré en missions-couloirs sélectionnées depuis un menu. Nioh 3 introduit des zones semi-ouvertes avec des points d'intérêt à découvrir, des quêtes secondaires optionnelles et des défis de combat cachés. Ce n'est pas un open world à la Elden Ring — et c'est bien. L'exploration est plus dense, moins diluée.

Le yokai shift revisité

La transformation yokai du 2 revient, mais intégrée au double style. En mode Samouraï, le shift déclenche une forme ancestrale lourde dévastatrice. En mode Ninja, c'est une forme agile qui amplifie la mobilité. Deux usages, deux timings, deux stratégies. Le système de gestion des âmes yokai gagne en complexité sans devenir incompréhensible.

L'histoire — le point faible

Honnêtement ? Le scénario de Nioh 3 est correct sans être mémorable. La trame principale fait ce qu'on lui demande : justifier les déplacements et les confrontations avec des yokai charismatiques. Mais à côté du lore dense de Nioh 2 et de ses personnages historiques bien écrits, ce troisième volet perd en profondeur narrative.

Le protagoniste manque de profondeur. Les antagonistes manquent de développement. Si vous jouez à Nioh pour l'histoire, vous serez sur votre faim. Si vous jouez pour le gameplay — et la grande majorité des joueurs du genre le fait — vous ne verrez même pas le problème.

Graphismes PS5 — des ambitions pas totalement tenues

Sur PS5, Nioh 3 tourne à 60 fps en 4K de façon stable. Aucune plainte là-dessus. Les effets de particules yokai sont somptueux, les environnements de nuit avec leurs lanternes et brumes sont atmosphériques comme rarement.

En revanche, les textures de terrain et certains personnages secondaires montrent leur âge. Comparé aux moteurs de rendu photoréalistes d'Unreal Engine 5 qu'on a vu sur d'autres titres du calendrier gaming février 2026, Nioh 3 reste dans une esthétique plus fonctionnelle qu'impressionnante.

Sur PC, c'est plus compliqué. Le portage souffre d'optimisation insuffisante — même sur des configurations haut de gamme (RTX 3090), atteindre un 60 fps stable en 1440p sans réduire la résolution de rendu relève du parcours du combattant. Team Ninja a du travail. Patch urgent recommandé.

Durée de vie — le genre qui ne vous lâche pas

La campagne principale : 35 à 45 heures selon votre maîtrise. Les quêtes secondaires, défis de combat et missions de personnage ajoutent facilement 20 heures supplémentaires. Le NG+ remixe les patterns d'ennemis et déverrouille des étages de difficulté supplémentaires qui justifient un deuxième run.

Le vrai endgame, c'est la chasse aux équipements mythiques et l'optimisation des builds. C'est là que Nioh 3 montre ses griffes de ARPG pur : des centaines d'heures de farming, de synergies d'affixes, de combos d'armes. Le genre de jeu qui coexiste avec votre backlog sans jamais vraiment le quitter.

Si vous cherchez d'autres jeux avec ce ratio plaisir/contenu, notre sélection des meilleurs jeux PS5 de 2026 a de bonnes pistes pour compléter votre bibliothèque.

Verdict — faut-il craquer ?

Sur PS5 : oui, sans hésitation. Nioh 3 est l'un des meilleurs action-RPG sortis depuis Nioh 2. Son système de combat dual-style est une innovation réelle qui va marquer le genre. La difficulté est juste, le contenu massif, l'expérience gratifiante.

Sur PC : attendez le patch. Le portage est instable et gâche une expérience qui mérite mieux. Dans un mois ou deux avec les corrections d'optimisation, ce sera une autre histoire.

Pour les débutants : commencez par Nioh 2 (toujours disponible, toujours exceptionnel). Pour les vétérans : foncez.

Note globale : 8,5/10

CritèreNote
Système de combat9,5/10
Contenu et durée de vie9/10
Difficulté et équilibrage8,5/10
Graphismes (PS5)7,5/10
Portage PC6/10
Narration6,5/10

Testé sur : PS5 (version physique) + PC (RTX 4090, 32 Go DDR5, SSD NVMe) Disponible sur : PlayStation 5, Windows (Steam) Développeur/Éditeur : Team Ninja / Koei Tecmo

Sources

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