Resident Evil Requiem : test et avis après 30 heures de jeu

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Resident Evil Requiem sort le 27 février 2026 sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2. Neuvième opus principal de la saga de Capcom, il promet de réconcilier les fans d'horreur pure et ceux d'action débridée. Après 30 heures passées dans les ruines de Raccoon City, entre les séquences d'infiltration glaçantes de Grace Ashcroft et les fusillades nerveuses de Leon S. Kennedy, voici notre verdict complet.

Le retour à Raccoon City, 30 ans après

L'histoire se déroule environ 30 ans après la frappe de missiles qui a rasé Raccoon City en 1998. On incarne Grace Ashcroft, analyste au FBI, envoyée enquêter sur un meurtre mystérieux à l'Hôtel Wrenwood — un cold case lié à la mort de sa mère, Alyssa Ashcroft. Les fans des spin-offs reconnaîtront le clin d'œil : Alyssa était l'une des survivantes de Resident Evil Outbreak.

Le scénario mêle enquête policière et survival horror avec une efficacité qui rappelle les meilleurs épisodes de la saga. Grace n'est pas une super-soldate — elle est analyste technique, pas agent de terrain. Ce statut influence tout : ses réactions, ses dialogues, sa façon de gérer la panique. Capcom a bossé sur l'écriture, et ça se sent.

Leon débarque en renfort environ un tiers du jeu, et sa présence change radicalement l'ambiance. On passe de la terreur feutrée à l'action musclée avec des répliques cinglantes à la RE4. Le contraste fonctionne, même si certains trouveront les transitions un peu brutales.

Deux protagonistes, deux façons de jouer

La vraie innovation de Requiem, c'est le double gameplay. Grace et Leon ont des mécaniques fondamentalement différentes, et le jeu alterne entre les deux au fil de l'intrigue — à la manière de RE2 Remake, mais poussé beaucoup plus loin.

Grace — survie et infiltration : ses séquences sont tendues. Les ressources sont rares, la confrontation directe est quasi suicidaire. Il faut observer, écouter, se planquer et fuir. Le rythme rappelle RE7 et les passages les plus stressants de RE2. Grace dispose aussi d'un système de craft inédit : en analysant des échantillons de sang infecté sur des machines disséminées dans les niveaux, elle débloque des recettes d'objets et d'armes improvisées. Le craft est accessible à tout moment via le menu, et il ajoute une couche de gestion qui récompense l'exploration.

Leon — action et combat : ici, c'est du RE4 Remake pur jus. Inventaire à la mallette, munitions généreuses, séquences d'action chorégraphiées. Leon est un vétéran — il gère. La difficulté vient de la densité des ennemis et de quelques boss fights corsés, pas du manque de ressources.

L'interconnexion entre les deux scénarios est maligne : si Grace ramasse une ressource dans une zone, Leon ne la trouvera pas quand il y passera à son tour. Chaque passage laisse des traces. C'est un mécanisme qui encourage les parties multiples et les choix stratégiques sur la répartition du loot.

Première ou troisième personne : à toi de choisir

Grosse nouveauté pour la franchise : Requiem permet de basculer entre la vue FPS et TPS à tout moment, même en plein combat. Par défaut, Grace joue en première personne (immersion maximale, chaque bruit est une angoisse) et Leon en troisième personne (lisibilité spatiale pour l'action). Mais rien n'est imposé.

En pratique, la vue FPS brille dans les couloirs sombres de l'Hôtel Wrenwood. La TPS prend l'avantage dans les combats ouverts et les phases de plateforme. Basculer entre les deux en situation de stress est un geste qui devient vite naturel — et qui ajoute une dimension tactique inattendue.

C'est une décision de game design audacieuse. Elle fonctionne parce que les deux caméras sont polies avec le même soin. Pas de compromis bancal comme dans certains jeux qui greffent une vue alternative en afterthought.

Graphismes et technique : le RE Engine au sommet

Le RE Engine de Capcom n'a plus rien à prouver, mais Requiem pousse la barre un cran plus loin. Sur PC avec Path Tracing intégral (Global Illumination, réflexions, occlusion ambiante), le rendu est franchement bluffant. Les intérieurs de l'Hôtel Wrenwood — moquettes défraîchies, boiseries humides, lumière qui filtre à travers les rideaux déchirés — sont parmi les plus beaux environnements du genre.

Le sound design mérite une mention spéciale. Capcom a fait un travail remarquable sur l'audio spatial : chaque craquement de parquet, chaque souffle derrière un mur contribue à l'oppression. Avec un bon casque (si tu hésites, consulte notre comparatif casques VR 2026 pour les modèles avec audio spatial intégré), l'immersion est totale.

Côté performances, le DLSS Nvidia est bien intégré et permet de jouer en 4K/60 avec Ray Tracing sur une RTX 4070 ou supérieure. Sur PS5 et Xbox Series X, deux modes sont proposés : Qualité (4K/30 avec RT) et Performance (1440p/60 sans RT). Les temps de chargement sont quasi inexistants grâce au SSD — une constante bienvenue de cette génération.

Durée de vie : dense mais pas gonflée

Masato Kumazawa, producteur du jeu, visait une durée "proche de celle de RE4 Remake", soit 16 à 17 heures pour une première run en difficulté normale. Nos 30 heures incluent une exploration minutieuse, la collecte de la majorité des fichiers et objets cachés, et un deuxième passage pour tester des choix différents.

Le jeu ne fait pas de remplissage. Chaque zone a sa raison d'être, chaque puzzle fait avancer l'intrigue ou le lore. Les séquences de Grace sont plus longues et contemplatives, celles de Leon plus courtes et intenses. L'équilibre est bon, même si on aurait aimé encore plus de Leon dans le dernier acte.

Le New Game+ débloque des armes et costumes spéciaux. Un mode Difficile ajoute des ennemis et réduit les ressources. Et comme dans RE4 Remake, les meilleurs jeux PS5 2026 incluront sûrement les DLC à venir — Capcom a confirmé du contenu post-lancement sans donner de détails.

Points forts et points faibles

Ce qui claque :

  • Le double gameplay Grace/Leon, deux expériences en une
  • La liberté FPS/TPS, un game changer pour la franchise
  • L'atmosphère de l'Hôtel Wrenwood, oppressante et magnifique
  • Le système de craft de Grace, bien intégré et pas forcé
  • Le sound design, probablement le meilleur de toute la saga
  • Le fan service maîtrisé (Outbreak, RE2, RE4) sans nostalgie forcée

Ce qui coince :

  • Les transitions Grace/Leon parfois abruptes au milieu d'un arc narratif
  • Quelques puzzles de Grace un peu répétitifs (encore une valve à trouver)
  • Le dernier acte manque de Leon par rapport au reste
  • Les phases de craft demandent de fouiller chaque recoin — les speedrunners vont souffrir
  • L'IA des ennemis basiques reste en deçà du level design (les boss compensent)

Notre verdict

Resident Evil Requiem est le meilleur compromis que Capcom ait trouvé entre horreur et action depuis RE2 Remake. Le pari du double protagoniste paye : Grace apporte la tension qui manquait à Village, Leon apporte le fun qui manquait à RE7. La bascule FPS/TPS est une vraie innovation, pas un gadget marketing.

Le jeu n'est pas parfait — les transitions narratives pourraient être plus fluides et le dernier tiers s'essouffle légèrement côté rythme. Mais dans l'ensemble, Requiem prouve que la formule Resident Evil a encore de beaux jours devant elle. C'est un incontournable de ce début 2026, et facilement l'un des meilleurs jeux PC de l'année.

Note : 17/20 — Un retour aux sources ambitieux et réussi, porté par un double gameplay qui donne envie de relancer immédiatement une deuxième partie.

Sources

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